Découvrez Votre Nombre D'Anges
Elles n'ont pas de compte Instagram, pas de contrat avec L'Oréal, et pourtant leur influence sur nos idéaux de beauté est immense. Depuis des millénaires, chaque civilisation a projeté ses désirs sur des figures divines — des femmes dotées de pouvoirs surnaturels, mais dont la grâce restait l'attribut le plus redouté. Dix cultures, dix visions du beau. Voici les déesses qui ont, chacune à leur manière, tout inventé.
avantages et inconvénients de sortir avec un garçon à maman
1. Aphrodite — Grèce antique
Née de l'écume de la mer, Aphrodite est sans doute la plus célèbre d'entre toutes. Déesse de l'amour et de la beauté dans la mythologie grecque, elle ne se contente pas d'être jolie — elle est la beauté elle-même, une force cosmique qui fait plier les dieux et les mortels. Son mythe fondateur, raconté par Hésiode, a quelque chose de presque violent : elle surgit des flots après que le sang d'Ouranos y tombe, toute-puissante et déjà adulte. Les Grecs lui consacraient des sanctuaires à Corinthe et à Cnide, où une statue d'elle nue fit scandale... et des pèlerinages. La beauté, déjà à l'époque, attirait les foules.

2. Vénus — Rome antique
Son homologue romaine partage son domaine mais avec une subtilité : Vénus est aussi déesse de la prospérité et du désir. Mère d'Énée, ancêtre mythique des Romains, elle porte une dimension politique que la grecque n'avait pas vraiment. Botticelli l'immortalisera à la Renaissance dans ce tableau connu de tous — La Naissance de Vénus. Si vous voulez la contempler sous une autre forme, rendez-vous au Louvre : la Vénus de Milo, deux mètres de marbre sans bras, reste l'une des oeuvres les plus visitées au monde. Un canon féminin imposé depuis des siècles. Pas anodin.
3. Hathor — Égypte ancienne
Déesse vache aux cornes dorées, Hathor surprend au premier abord. Mais dans l'Égypte des pharaons, elle incarne la beauté, la musique, la danse et la maternité — un cocktail redoutable. Protectrice des femmes, elle préside à la cosmétique rituelle : les Égyptiennes se maquillaient littéralement en son honneur. Le khôl, le rouge à lèvres de l'époque ? Offerts à Hathor avant d'être appliqués sur le visage. La routine beauté a des racines divines, et personne ne peut le nier.

4. Freyja — mythologie nordique
Freyja, dans l'univers des Vikings, c'est bien plus qu'une jolie déesse. Maîtresse de la magie seiðr, associée à l'amour, à la fertilité et à la guerre, elle voyage dans un chariot tiré par des chats et porte un collier en or — le Brísingamen — qu'elle a obtenu en échange de faveurs que les sagas décrivent sans détour. Freyja pleure des larmes d'or quand son mari disparaît, ce qui en dit long sur sa profondeur émotionnelle. Belle et blessée à la fois. Elle rappelle que la beauté ne se sépare jamais vraiment de la vulnérabilité.
5. Lakshmi — hindouisme
Dans la tradition hindoue, Lakshmi est la déesse de la beauté, de la fortune et du bonheur. Représentée debout sur un lotus rose, vêtue de rouge et d'or, elle symbolise l'abondance dans tous ses états. Elle est la parèdre de Vishnou, et leur union représente l'équilibre parfait entre puissance et grâce. Diwali, la fête des lumières célébrée chaque automne — y compris dans de nombreux quartiers de Paris et de Lyon — lui est en grande partie dédiée. La beauté comme invitation, comme hospitalité offerte aux autres.
6. Oshun — panthéon yoruba
Moins connue en France, mais vénérée par des centaines de millions de personnes en Afrique de l'Ouest, au Brésil et dans les Caraïbes, Oshun est la déesse yoruba de l'amour, des rivières douces et de la féminité. Elle s'habille de jaune doré, aime le miel, et sa coquetterie légendaire cache une intelligence redoutable. Beyoncé lui a rendu hommage dans son album Lemonade — et si ça ne suffit pas à vous convaincre de l'étudier, rien ne le fera. Oshun porte une vision de la beauté joyeuse, sensuelle, complètement libre.
Ines Rau en tant qu'homme
7. Xochiquetzal — mythologie aztèque
Au Mexique précolombien, Xochiquetzal présidait à l'artisanat, à la beauté et aux arts. Son nom signifie « fleur de quetzal » — déjà dans le titre, c'est beau. Elle protégeait les tisseuses, les orfèvres, les danseuses. Associée aux fleurs, aux papillons et au plaisir, elle était aussi la patronne des artistes et des amants. Les Aztèques lui consacraient une fête tous les huit ans, où les participants portaient des masques à son effigie. Elle incarne cette idée que la créativité et la séduction sont deux facettes d'un même élan — une idée qui n'a pas vraiment vieilli.
8. Benzaiten — Japon
Seule femme parmi les Sept Dieux du Bonheur japonais, Benzaiten est la déesse des arts, de la musique et de la beauté. Elle joue du biwa — un instrument à cordes — et réside souvent dans des sanctuaires bâtis sur des îles, au bord de l'eau. À Miyajima ou à Enoshima, des milliers de femmes lui confient encore leurs prières pour la beauté et l'amour. Ce qui frappe chez elle, c'est l'association systèmatique entre beauté et talent artistique : être belle, dans cette tradition, c'est aussi créer du beau. Une équation que nos magazines féminins ont parfois du mal à formuler.
9. Astarte — Phénicie et Proche-Orient ancien
Astarte est l'une des plus anciennes déesses de beauté et d'amour connues : vénérée à Sidon, à Carthage, à Chypre, elle préfigure à la fois Aphrodite et Ishtar babylonienne. Ses représentations la montrent souvent nue, coiffée d'un croissant de lune — symbole des cycles féminins. Les Phéniciens la portaient dans leurs bateaux comme protectrice des voyages en mer. Elle traverse les cultures avec une facilité déconcertante, changeant de nom mais jamais d'essence. La beauté aussi voyage, se transforme — sans jamais vraiment disparaître.
course de Bernice Burgos
10. Aïne — mythologie celtique irlandaise
En Irlande, Aïne (prononcez « awn-ya ») est la déesse fée de l'été, de la souveraineté et de la beauté. Associée à la colline de Knockainey dans le comté de Limerick, elle est invoquée lors des feux de la Saint-Jean pour protéger les récoltes. Sa beauté n'est pas ornementale : elle est liée à la fécondité de la terre, au renouveau des saisons. Les paysannes irlandaises célébraient des rituels en son honneur jusqu'au XIXe siècle au moins. Pour les Celtes, la beauté n'était pas une affaire de miroir — c'était une énergie vivante, ancrée dans la terre.
Ce que ces déesses nous disent encore aujourd'hui
Dix cultures, dix visions différentes du beau. Ce qui ressort de ce voyage mythologique, c'est la diversité remarquable des formes que prend la beauté quand elle devient divine. Parfois guerrière, parfois maternelle, souvent liée aux arts ou à la nature — jamais uniquement une question d'apparence physique.
- Elles associent toutes la beauté à un pouvoir concret : amour, fertilité, création, abondance.
- Elles transcendent les frontières : Astarte préfigure Aphrodite, qui inspire Vénus, qui nourrit Botticelli.
- Elles montrent que la beauté n'a jamais été uniquement physique — c'est une force, un rayonnement, une énergie.
Ces déesses portent des qualités bien réelles : la générosité de Lakshmi, l'intelligence d'Oshun, la créativité de Xochiquetzal. C'est peut-être le message le plus actuel qu'elles aient à nous transmettre. La beauté, quand on la regarde à l'échelle des mythes, est toujours plurielle — et tellement plus vaste que ce qu'on voudrais parfois lui faire dire.
